philippe-raviart.net

blog politique du mouvement démocrate dans la 3ème circonscription de l'Eure

Bienvenue sur philippe-raviart.net Identification | Inscription | Aide
dans Rechercher

Sympatisants

À PROPOS de la FAIM dans le MONDE

377829476.jpgBILLET du 27 AVRIL 2008

1.200.000.000....

Oui, vous avez bien lu : selon un rapport publié par les Nations unies, ce sont 1 milliard 200 millions d’êtres humains qui seront touchés par la faim dans les 15 prochaines années. Certains économistes évoquent même le chiffre vertigineux de 2 milliards de mourants potentiels. Un vrai cauchemar ! Une vraie menace pour la paix du monde.

L’actuelle flambée des prix des produits alimentaires qui gagne le monde entier, et les émeutes qu’elle engendre dans les pays les plus pauvres (aujourd’hui 30, demain ± 60 ?), ne sont que les prémices de cette crise qui nous menace tous. Crise d’une toute autre importance que nos petites cuisines politiques internes.

La faim dans le monde n’est pourtant pas un phénomène nouveau. Mais c’est bien la première fois qu’il atteint de telles proportions. Plus grave : personne ne s’y attendait et n’a vu arriver la crise. On se croyait protégé plus ou moins par la mondialisation dont l’un des objectifs est de réduire les inégalités entre pays pauvres et ceux plus riches. Mais ce bouclier est aujourd’hui mis en échec : il y a eu depuis un an ±50% d’augmentation des prix des matières premières, et notamment d’un certain nombre de nourritures de base qui, dans certains pays les plus pauvres, ont même atteint parfois des hausses de 90%.

La malnutrition, ce n’est pas une situation passagère où il suffirait d’attendre quelque peu pour en effacer les effets : non, elle est un fléau qui laissera, notamment chez les enfants en bas âge, des traces qui se perpétueront leur vie entière.

POURQUOI EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

Il y a au moins 2 causes principales à ce drame :

a/ l’augmentation de la demande, notamment venant de l’Inde et de la Chine. Ce devrait être une bonne nouvelle en soi, surtout de la part de pays qui étaient, voici peu encore, considérés comme pauvres. En devenant moins pauvres, ils se sont mis à consommer davantage.

b/ on a investi massivement dans les biocarburants - et là les écologistes portent une énorme part de responsabilité - et ceux en provenance de la culture céréalière privent de façon croissante les populations de ressources alimentaires vitales.

L'AGRICULTURE MONDIALE N'EST PLUS EN CAPACITÉ....

Aujourd’hui, l’agriculture mondiale n’est plus capable de faire vivre tous les habitants de la planète et que le développement de l’hygiène et de la médecine ont fait naître en plus grand nombre et vivre désormais plus longtemps.

C’est outrageant de devoir dire et écrire cela, mais c’est une réalité que nul ne peut ignorer aujourd’hui.

La population mondiale croit donc aujourd’hui plus vite que l’agriculture est en capacité de se développer et de produire.

Qu’on le veuille ou non, force est de constater que les écologistes - je suis obligé d’y revenir - ne sont pas à la hauteur des problèmes posés et leur responsabilité dans cette crise est énorme.

Les questions d’environnement sont choses trop sérieuses pour être laissées entre ces mains-là. Ils ne cessent de nous proposer des gadgets, ou des fausses solutions, qui ne prennent pas les problèmes dans leur ensemble. Et les biocarburants se révèlent aujourd’hui une véritable catastrophe, non seulement sur le plan environnemental, mais en raison de la réduction de la capacité mondiale de nourrir l’humanité.

Autre responsabilité, qui découle aussi de cette désinformation insidieuse, les institutions internationales - comme la Banque Mondiale, le F.M.I. ou encore l’Europe - n’ont cessé de pousser dans le sens de la réduction de la production agricole. On se souvient encore des discours où l’on exposait que l’Europe était installée sur des montagnes de beurre et qu’on ne savait plus quoi faire des excédents.

Il faut saluer à ce propos l’attitude de la France - et de Jacques Chirac en particulier - qui, certes, pour d’autres raisons tout-à-fait égoïstes ou électorales, ont toujours été un frein face aux arguments de leurs partenaires qui exigeaient avec force des réductions drastiques de notre production alimentaire.

Il va donc falloir faire une “marche-arrière toute” par rapport à ces théories et relancer dans l’urgence notre production agricole. Et plus du tout pour faire des biocarburants (qui, soit dit au passage, nécessitent aussi l’utilisation de produits pétroliers pour leur propre fabrication), mais pour produire des aliments.

L'EUROPE DOIT CHANGER DE STRATÉGIE ALIMENTAIRE

C’est un changement de stratégie du tout au tout que va devoir entreprendre l’Europe, elle qui ne manquait jamais, sous la pression des écologistes, de réprimander la France pour son retard pris dans la production des biocarburants.

Ensuite, on a jeté en France une sorte d’anathème sur les OGM. Or c’est bien par la recherche, notamment sur cette filière, qu’on parviendra à améliorer sensiblement notre production alimentaire.

Ô, ce n’est pas pour çà qu’il faut laisser faire n’importe quoi à propos des OGM : la manipulation génétique est toujours fort délicate. Mais l’attitude de certains écologistes assoiffés de médiatisation et qui cherchent à diaboliser cette science relèvent du fanatisme imbécile. Les OGM, bien maîtrisés par la science, seront demain l’un des éléments essentiels d’amélioration de notre productivité.

La désinformation organisée du public par ces gens à courte vue fait aujourd’hui privilégier le court terme sur le long terme.

La France ne peut pas devenir plus longtemps encore victime de ces lobbies anti-OGM, plus ou moins soutenus par ailleurs par de grands groupes internationaux et qui trouvent tout intérêt à l’affaiblissement de notre recherche scientifique pour diminuer la place de notre industrie agro-alimentaire sur les marchés. Et ce serait oublier aussi que c’est par notre recherche, entreprise en France depuis plusieurs siècles, qu’on a permis à celle-ci de nourrir aisément sa population. Va-t-on rétrograder ?

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION ? SUICIDAIRE !

On agite aussi pour cela le fameux “principe de précaution” pour freiner toute entreprise. Or, soyons clair : le principe de précaution est un principe suicidaire dans la majorité des domaines. Il faudra, d’urgence, en prendre conscience. On marche totalement sur la tête. Le principe de précaution est une mesure de régression de la recherche, de la science et de tout développement. Il doit inciter à plus de vigilance. Il ne doit pas les contrer.

Pour résumer, je crois que nous sommes aujourd’hui à une époque charnière. Nous avons vécu sur la lancée des années 90 où le mot d’ordre était à la réduction des productions agricoles et à la domination écrasante du type de capitalisme anglo-saxon. Cette époque-là se referme avec force et dans la violence.

Nous risquons maintenant d’assister à une sorte de guerre des modèles de capitalismes : on voit par exemple que la Chine - qui ne s’en sort pas si mal - pratiquer une sorte de capitalisme à forte implication étatique. Est-ce que cela n’implique pas de notre part  une autre stratégie pour notre production ?

Il est urgent d’y réfléchir.

Publié lundi 28 avril 2008 01:21 par philippe-raviart.net, Folder: Sympatisants (194)

Commentaires

Pas de commentaires
Les commentaires anonymes sont désactivés
Propulsé par Community Server (Personal Edition), par Telligent Systems