L'affaire sur l'Union des industries et métiers de la métallugie (UIMM) n'en finit pas de rebondir. Si l'affaire reste malgré tout relativement discrète dans les médias, c'est parce qu'apparemment, peu n'ont apparemment trop intérêt à communiquer sur son déroulement.
Rappel des faits.
Le 15 janvier 2008, Denis Gautier-Sauvagnac a été mis en examen pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé" et laissé libre. Son ancien bras droit Dominique de Calan et une ex-comptable de l'UIMM sont aussi poursuivis.
On apprend aujourd'hui que Denis Gautier-Sauvagnac, l'ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), actuellement mis en examen pour 19 millions d'euros des retraits d'espèces sur les comptes de son organisation, a perçu 1,5 million d'euros quand il a quitté son poste en décembre dernier. L'accord de convenance prévoit également "à M. Gautier-Sauvagnac que toutes les condamnations éventuelles liées à la procédure judiciaire en cours seront financièrement prises en charge par l'UIMM".
Le conseil d'administration de l'UIMM donne son aval pour un tel golden parachute, et l'ancien président semble alors tirer de nouveaux bénéfices personnels de l'affaire. D'ailleurs, Denis Gautier-Sauvagnac, qui fut l'un des principaux négociateurs du Medef, reste délégué général de l'UIMM et continue de percevoir un salaire de l'ordre de 20.000 euros par mois, jusqu'à janvier 2009.
Le député européen Benoit Hamon a estimé vendredi matin que le Medef devrait s'expliquer et que le gouvernement devrait demander la vérité. "Mme Parisot devra s'expliquer. Ca s'appelle la loi du silence, on achète le silence de M. Denis Gautier-Sauvagnac pour qu'il ne dénonce pas les pratiques de l'UIMM, qui est quand même le navire-amiral du Medef. (...) Ca s'appelle l'omerta. C'est absolument inacceptable de voir qu'au sommet du patronat français on procède de cette manière. J'attends des pouvoirs publics et de Mme Paris ot (...) qu'ils demandent toute la clarté".
Initialement l'affaire UIMM concerne 19 millions d'euros retirés en liquide sur les comptes de l'organisation
entre 2000 et 2007. Gautier-Sauvagnac, qui a reconnu être à l'origine des retraits, et l'UIMM ont refusé jusqu'à aujourd'hui de livrer les noms des bénéficiaires de ces fonds.
L'hypothèse d'un financement de syndicats de salariés ou de corruptions ponctuelles de délégués syndicaux est examinée mais n'a pas été confirmée. Les principales confédérations ont démenti mais d'anciens syndicalistes ont dit dans la presse avoir connu de telles pratiques.
La piste politique est également prise en compte, d'autant que d'importants montants ont été retirés au moment des élections présidentielles de 2002 et 2007.
En bref, une affaire qui brille par un silence médiatique assourdissant.
"Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". Les animaux malades de la peste, Jean de la Fontaine .
Thibault