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Le Mouvement Démocrate, le nouveau Parti Radical et Républicain ?

Nicolas Sarkozy l'a bien compris, le danger vient du centre. M. Accoyer défend le scrutin majoritaire avec talent et mauvaise foi politique contre la dangeureuse proportionnelle de la IVè république. Bref, arguments risibles et caricaturaux, mais qui ont tendance à ralentir le débat sur la proportionnelle, et la structuration implicite du centre à l'Assemblée.

 

Le bipartisme n'est pas un état de fait. C'est juste une conséquence implicte du mode d'institutions de la Vè République.

Sous la IIIè République, de 1871 a 1940, l'échiquier politique était beaucoup plus divers, et les sensibilités politiques mieux représentées, dans ces périodes de troubles et de bouleversements politiques.

En 2007, François Bayrou et le Mouvement Démocrate partent sans doute à la reconquête de l'idéal de 1901, qui a vu la naissance du Parti Républicain, radical et radical-socialiste, héritier des radicaux tels Gambetta ou Clémenceau.
ee08090fbf7d2e7bd411d78e5f41642f.jpgLe radicalisme possède une vision spécifique de l’organisation sociale et humaine fondée sur la primauté de l’individu. Il prend sa source dans l’histoire même de la République à laquelle il est étroitement lié. La profession de foi du radicalisme est composée de cinq points : "Laïcité, Solidarité, Humanisme, Tolérance, Universalisme". (Wikipédia). A sa création le parti radical insistait sur l'union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation de l'Église et de l'État et la création d'un impôt égalitaire basé sur le revenu.
Durant l’entre deux guerres, les idées qu'il défend, constituent un ensemble dans lequel se reconnaît une grande partie des français. Tout d’abord, un attachement profond à la nation et au régime républicain, identifié au système parlementaire, ensuite une conception de la République qui intègre de manière indissociable la laïcité sans sectarisme, érigé en l’un des fondements de la République, dont l’instruction dispensée par l’école est le moteur du progrès social. Le tout est mâtiné d’une conception humaniste de la société et de la politique.

Le Parti radical voit son apogée durant l'entre-deux-guerres. Il pèse d’un poids considérable sur la vie politique française. Ainsi, sur les quarante-deux gouvernements qui se sont succédé durant cette période, treize sont présidés par des Radicaux (quatre gouvernements: Camille Chautemps, trois gouvernements: Edouard Daladier, Edouard Herriot, deux gouvernements: Albert Sarraut, et un gouvernement : Théodore Steeg).
En 1931, le Parti radical s’engage sur une voie nouvelle. Il reste, et le revendique, un parti de gauche, ce qui l’amène tout naturellement à pratiquer la "discipline républicaine" des désistements réciproques au profit des socialistes (cela ne nous rappelle-t-il pas certains législatives de 2007 ?). Mais, au gouvernement, il se comporte en parti du "juste milieu", capable de regrouper autour de lui la majorité des Français attachée à une République traditionnelle, loin des extrêmes, qu’ils soient réactionnaires ou révolutionnaires. Le parti gouverne le plus souvent avec une politique de droite, avec une structure d'élus de gauche.
Pendant la seconde guerre Mondiale, certains radicaux s'élèvent contre le gouvernement de Vichy, et entrent dans la résistance, comme Pierre Mendès-France ou Jean Moulin.

Après la libération, les gaullistes et les communistes affaiblissent l'influence des radicaux. Jusqu'à la scission de 1972 entre Mouvement rédormateur (parti radical valoisien de droite, qui intégrera la machine giscardienne) et le Parti radical de Gauche. Actuellement, les deux formations radicales sont liées au Sénat au sein du Rassemblement démocratique et social européen.

 

92c917f0b643400bce02499aba690f83.jpgEn 2007, Nicolas Sarkozy voit bien le danger initité par le Mouvement Démocrate, qui a pour objectif de devenir le Parti radical incontournable. Afin de couper l'herbe sous le pied à François Bayrou, Nicolas Sarkoy a commencé des pourparlers entre Jean-Louis Borloo, leader du parti radical valoisien, et Jean-Michel Baylet, leader des radicaux de gauche.
Le Président souhaite ainsi vider l'espace électoral du Mouvment Démocrate, qui souhaite intégrer à terme, dans sa sphère d'influence, centristes de droite, radicaux valoisiens et radicaux de gauche, afin de créer un Parti Radical et Républicain puissant, civique et modéré, qui pourrait avoir pour nom le Mouvement Démocrate.

Mais Nicolas Sarkozy ne l'entend pas de cette oreille. Le Président fera tout son possible pour éteindre toute velléité politique du Mouvement Démocrate, en tentantr sans doute d'évacuer le débat sur la proportionnelle, qui est la condition d'existence de tout Rarti Radical modéré.

Thibault

Publié mercredi 27 juin 2007 02:35 par philippe-raviart.net, Folder: Sympatisants (194)

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