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Appareils et dissidents

La présidentielle et les législatives 2007 ont fait bouger les lignes. Et on le voit encore.

Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy, pour l'UMP, a proposé un message résolument à droite, afin d'assurer son positionnement auprès de l'électorat conservateur, désabusé par trente années d'égarement et de pertes de repères. Ségolène Royal, pour le PS, a proposé un message confus et bancal, savante synthèse de gauche de gauche, de vertitude et de social-démocratie.
François Bayrou, qui affiche depuis 20 ans une volonté de créer un véritable parti de centre indépendant, - ce qui lui a valu nombre de trahisons au sein de son propre camp - a tenté de profiter du grand écart au centre pour mener à bien son projet. Dans l'espace électoral du centre droit au centre gauche, François Bayrou a réussi à mobiliser 18,5% de l'électorat autour de sa candidature, prémisse d'un grand parti de centro-centrisme crédible en France. Les législatives n'ont pas permis de convertir l'essai du Mouvement Démocrate, à cause du mode de scrutin majortaire à deux tours qui favorise les grandes forces politiques. Difficilement, l'UDF-Mouvement Démocrate a obtenu 4 sièges à l'Assemblée Nationale.

Depuis le 18 juin au matin, les annonces pleuvent en tous sens, signe que la vie politique peut connaître un bouleversement historique. La vie politique française est actuellement écartelée entre une gauche qui ne parvient pas à réaliser son aggiornamento, des verts déboussolés qui comptent autant de courants que d'induvidus, une droite extrêmement puissante, qui repose sur de nombreux courants, du centre-droit à la droite très conservatrice, et un centre qui essaie de se créer un espace politique en faisant évoluer les mentalités.

Ségolène Royal tente actuellement de bouleverser le Parti Socialiste en se démarquant de la synthèse de François Hollande : d'où le fait que la rupture officielle du couple est essentiellement une information d'ordre politique, laquelle marque la prise d'indépendance de Ségolène Royal par rapport à l'appareil du PS. Le bureau de PS a voté la continuité jusqu'à la fin 2008, ce qui signifie que le PS ne comprend pas l'urgence de sa métamophose politique. Si les tentatives de Ségolène Royal attestent parfois du jusqu'au-boutisme maladroit, il faut tout de même lui accorder le sacrifice politique personnel qu'elle joue actuellement, en se présentant comme la dissidente officielle par rapport à l'appareil archaïque du PS. Le courage étant une vertu politique de plus en rare. On ne sait si cette tentative aboutira a quelque chose, mais la tentative a le mérite d'exister.

Chez les Verts, Yves Cochet tire la sonnette d'alarme et demande la dissolution des Verts, qui, selon lui, ne sont actuellement pas en mesure d'apporter une solution d'écologie politique en face avec la réalité. Sans doute pense-t-il à une union avec la gauche. Comme au PS, l'appareil des Verts a retoqué la proposition du député de Paris et a appelé au plan de continuité.

En bref, on voit nettement que la politique française est en plein bouleversement, avec une gauche au bord de l'explosion entre ceux qui veulent se rénover et ceux qui souhaitent conserver leurs ancrages locaux séculaires, et un centre indépendant qui se cherche un emplacement électoral, entre centre-droit et centre-gauche.


La question de la proportionnelle est en cours, et Nicolas Sarkozy ne semble pas - dans le discours officiel - contre une dose de proportionnelle au Sénat ou l'Assemblée. Au Sénat, la proportionnelle n'aurait que peu d'impact sur la situation en terme de sièges. A l'Assemblée, on parle actuellement d'une proportionnelle totale pour 15% des sièges, soit environ 85 députés. Ce qui permettrait à de nombreux partis indépendants d'être représentés, comme le centre (environ 15 sièges), l'extrême droite (environ 5 sièges) ou l'extrême gauche (5 sièges).

La proportionnelle semble la clé du bouleversement politique actuel. Se déclarant de droite républicaine, Nicolas Sarkozy devrait alors aller dans ce sens afin d'assurer une meilleure représentativité du Congrès. Ce qui permettrait de transformer l'essai du renouveau de la vie politique française, qui semble ne demander qu'à éclore, si on lui donne un petit coup de pouce.

Thibault
Publié lundi 25 juin 2007 13:55 par philippe-raviart.net, Folder: Sympatisants (194)

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