Dans un entretien à paraître dans "L'éveil de Pont-Audemer" -ça ne s'invente pas-, Hervé Morin, Président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, déclare qu'il votera Sarkozy "sans hésitation" le 6 mai prochain.
Ce soutien vient opportunément "calmer" ceux qui crient à la trahison chaque fois qu'un centriste avoue ne pas envisager de choisir la gauche.
Beaucoup feignent, ces derniers jours, de mépriser les parlementaires UDF qui ont exprimé l'intention de voter en faveur de Nicolas Sarkozy.
La seule peur de perdre leur mandat les habiterait, sans considération de l'intérêt du pays. Et de prononcer des mots insupportables dans un parti qui a toujours défendu le Parlement et ses membres contre les populismes.
Dans le cas du député de l'Eure, l'accusation tombe.
Non, Hervé Morin ne va pas "à la soupe" : dans sa circonscription, François Bayrou a flirté avec les 23%, soit un des meilleurs résultats nationaux. Hervé Morin sait qu'il serait réélu même contre l'UMP, bénéficiant d'une excellente implantation locale (confirmée par son score en juin 2002).
Le Président du groupe UDF à l'Assemblée est mû par l'intérêt de la France. Il ne conçoit pas de s'abstenir, et regrette de trouver Mme Royal "pas à la hauteur de la fonction" de chef de l'Etat, et prisonnière de ses alliances avec une gauche qui n'a pas fait sa mue idéologique.
Je rappelle que M. Morin avait souhaité prendre le temps de la réflexion avant de faire connaître son choix : lundi 22 avril dernier, il disait vouloir "écouter ce que di(raient) les candidats qualifiés pour le second tour" avant de se déterminer.
Il a vu, et a tranché en faveur de Nicolas Sarkozy, dont le projet est incontestablement plus proche du nôtre que celui du PS, notamment en matière économique.
François Bayrou a lui-même reconnu lors de son débat avec Mme Royal que, hors les institutions, il n'était guère de points communs entre l'UDF et le PS.
Ceux qui, dans nos rangs, appellent à voter Royal sont libres de le faire : je respecte, pour ma part, la liberté donnée par François Bayrou, contrairement à d'autres. Mais voter Royal au nom de l'irrationnel (la personnalité de Sarkozy ou sa supposée tendance à manipuler les médias), c'est se tromper de combat.
Les Français attendent de nous des prises de positions sur le fond, pas sur la façon de communiquer d'untel ou d'unetelle.
Projet contre projet, c'est le vote Sarkozy qui s'impose comme le plus cohérent pour nombre d'électeurs UDF convaincus.
Jean-Louis Bourlanges qui, comme Député européen, ne dépend pas des voix de l'UMP, puisqu'élu à la proportionnelle, est un homme libre : or, il a, lui aussi, déclaré qu'il voterait Sarkozy, en considération de l'archaïsme du PS en matière économique.
C'était dans Le Figaro du 27 avril : http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070427.WWW000000591_bourlanges_pourquoi_je_vote_pour_nicolas_sarkozy.html
Une dernière requête à mes amis ralliés au "royalisme" : de grâce, cessez de vous dire plus centristes que nous, ou plus purs! Les ralliements de certains responsables départementaux -très rares- au PS sont-ils vraiment exempts de considérations électorales?
Sans citer de nom ou de département, il est permis d'en douter...