Bien qu'ayant su mobiliser les électeurs, la campagne présidentielle s'est caractérisée par l'absence de débats sur les solidarités fondamentales de notre société, et donc sur tous les sujets qui nécessitent un pacte social fort entre les catégories socioprofessionnelles, les générations, les quartiers... Les candidats ont préféré s'adresser à des individus - leur promettant nécessairement toujours plus et mieux - plutôt que mettre sur la table les compromis sociaux pourtant indispensables à la stabilité politique et au développement de notre pays.
Les pouvoirs économiques et les catégories populaires ont-ils rapproché leur vision de la mondialisation de l'économie ? Ont-ils approuvé dans les urnes une forme d'accord politique qui permette demain à chacun de "s'y retrouver" ? Assurément non ! Le même constat s'impose pour notre système de retraite, le développement des quartiers les plus défavorisés, notre politique de santé publique, la fiscalité... Le vote du 6 mai n'a en rien éclairé la volonté des Français sur l'évolution des mécanismes de la solidarité nationale.
Dans le droit fil du néo conservatisme Américain, le gouvernement entend désormais faire de très amples cadeaux fiscaux à des catégories sociales qui n'en ont pas vraiment besoin. A commencer par les droits de succession.
L'idée généreuse, née au lendemain de la Révolution Française, devait concourir à favoriser les créateurs plutôt que les rentiers, rendre la transmission de fortunes moins facile.
L'impôt sur les succession est clairement une mesure libérale, et ce n'est pas un hasard si c'etait l'impôt le plus important aux Etats-Unis ... jusqu'à ce qu'il fut recemment supprimé ...
Mais, dans le droit fil de ses utopies, le gouvernement fillon nous explique qu'il s'agit la d'un impôt injuste, frappant tous les Français.
Une rapide et simple analyse des données économique nous apprend pourtant que près de 90 % des transmissions entre époux et 80 % de celles en ligne directe ne sont pas imposées ...
Qui seront donc les bénéficiaires directs d'une telle mesure ? Probablement les 10% de Français aisés qui détiennent 40% du patrimoine ...
Le coût de la suppression de cet impôts avoisine les 5.000 millions d'Euros. Il faudra bien combler ce manque à gagner par une recette fiscale prélevée ailleurs. Gageons que l'habileté politique du gouvernement permettra au plus grand nombre de croire en ses fausses promesses une fois de plus ...
Pour un étude plus approfondie, je vous invite à lire ces articles:
- Pour la suppression des droits de succession
- Faut-il réduire les droits de succession
- Donations: 600.000€ sans impôts
- Patrimoine: Qui possède combien ?
- Les inégalités de patrimoine
- Droits de succession
- Faut-il alleger les droits de succession ?